Mars 2020. En quelques semaines, des sociétés entières acceptent l'impensable. Ce livre raconte comment.
Six voix s'affrontent dans un dialogue socratique brutal: Paul, Éloi, Victor, Sofia, Amina, Claire. Pas des monstres. Des gens ordinaires. Qui ont fait ce qu'ils pensaient juste. Qui ont obéi aux consignes. Appliqué les protocoles. Et qui, des années plus tard, se demandent encore pourquoi ils ont dit oui si facilement.
Pourquoi avoir refusé d'embrasser un parent mourant? Pourquoi avoir accepté qu'un QR code détermine qui méritait d'entrer dans un restaurant? Pourquoi avoir trouvé normal qu'un enfant de six ans demande la permission à son téléphone avant de faire un câlin? Et surtout: pourquoi certains d'entre nous se sont-ils sentis soulagés qu'on leur dise enfin quoi faire?
À travers leurs échanges émergent les mécanismes de la servitude volontaire: la peur qui simplifie, le conformisme qui rassure, l'autorité qui dispense de penser. Mais aussi les ruptures familiales, les silences complices, les questions qu'on a préféré ne pas poser.
Nourri par La Boétie, Tocqueville, Camus, Milgram et Asch, ce dialogue ne console pas. Il questionne. Sans certitudes. Sans solutions. Juste une interrogation têtue: qu'avons-nous fait? Et surtout: que ferons-nous la prochaine fois?
Je ne suis ni médecin, ni scientifique, ni militant. Je suis quelqu'un qui a cédé comme les autres. Qui a senti que quelque chose ne collait pas. Et qui a préféré se taire.
Ce livre transforme ce silence choisi en mots. Ce malaise en réflexion. Cette complicité passive en questionnement.
J'espère qu'il résonnera encore longtemps après que nous aurons tous oublié. Parce que nous oublierons. C'est notre nature.
Mais au moins, ce livre sera là. Comme une trace. Comme une cicatrice. Comme un rappel.
Il n'y a pour le moment pas de critique presse.