Digne, automne 1944. Un gendarme est abattu quelques semaines après la Libération, dans le climat trouble des règlements de comptes. Plus de soixante ans plus tard, un témoin livre à Christian Flamarion, alors encore en activité dans la gendarmerie, sa version des faits. La hiérarchie ne rouvrira pas le dossier. Lui, si.
De cette confidence est né un travail de quinze ans dans les archives et auprès des derniers témoins. Il en ressort vingt et un récits qui redonnent un visage aux gendarmes et aux résistants des Basses-Alpes : les quatre gendarmes de Colmars exécutés le 22 juillet 1944 pour avoir aidé le maquis du Haut-Verdon ; le gendarme Jaussaud, première victime de l'occupant à Digne ; le capitaine Lavenant, dit « Madame Dédé » ; la gendarmerie de Forcalquier détruite sous les bombes alliées ; le chef de la Gestapo de Digne éliminé au col de Toutes Aures le jour même du Débarquement ; Simone Pellissier, première résistante de Digne, et son frère Pelly ; Lilly Neveux et le réseau Gallia ; « Pauline », la comtesse polonaise du SOE ; Manfred, jeune officier martiniquais devenu figure de la Résistance bas-alpine ; Fernand Tardy et le maquis de Thoard ; le piège d'Oraison tendu par les faux maquisards de la compagnie Brandebourg.
Sans jugement ni règlement de comptes, l'auteur rend à ces hommes et à ces femmes, presque tous au destin tragique, la place que l'histoire leur doit. Un livre de mémoire, écrit par un gendarme sur ses anciens, pour que les Bas-Alpins d'aujourd'hui sachent ce qui s'est joué chez eux il y a quatre-vingts ans.
Christian Flamarion est né en Franche-Comté. Entré dans la gendarmerie, il a fait l'essentiel de sa carrière dans le pays dignois, où il s'est installé en 1975. Aujourd'hui retraité, élu local et membre du Souvenir Français, il vit à Mirabeau, dans la vallée des Duyes, à quinze kilomètres de Digne-les-Bains. Pendant l'Occupation, cette vallée dépendait du maquis de Thoard, commandé par Fernand Tardy, avec qui il a longtemps échangé.
Passionné d'histoire contemporaine, il a d'abord travaillé sur les poilus inscrits aux monuments aux morts de sa vallée, pour leur rendre hommage chaque 11 novembre. En 2007, la confidence d'un habitant de Digne sur la mort d'un gendarme en 1944 l'a conduit vers la Résistance bas-alpine. Depuis, il a dépouillé les archives départementales et militaires, rencontré les derniers témoins et leurs familles, et rassemblé une documentation rare sur cette période dans le secteur de Digne.
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