Adolphe raconte à la première personne une confession intime, en dix chapitres, où l'analyse des sentiments compte autant que les événements. À vingt-deux ans, après ses études à l'université de Gottingue, le narrateur arrive dans une petite cour allemande et s'y sent étranger, partagé entre ennui, timidité et désir d'indépendance. Tout bascule lorsqu'il rencontre Ellénore, femme admirée et discutée, liée au comte de P**. Par orgueil d'abord, puis par attachement, Adolphe cherche à la conquérir. Entre eux s'installe une relation faite d'aveux, de prudence, de jalousie et de contrainte : il réclame des preuves d'amour, puis se rebiffe contre le lien qu'il a lui-même créé. Ellénore, en lutte avec sa situation et avec le regard du monde, se donne sans réserve, tandis qu'Adolphe oscille entre tendresse, remords et besoin de fuite. Les retards, les départs et les voyages - jusqu'à une installation sur les terres familiales d'Ellénore - font peu à peu glisser la passion vers l'usure. Au fil des pages, le roman explore la responsabilité dans l'amour, la violence des mots, l'emprise de l'opinion et la difficulté de rompre sans détruire l'autre. Un classique bref et incisif, où chaque scène devient un miroir des contradictions d'un coeur qui veut aimer sans renoncer à sa liberté.
Né en Suisse, Benjamin Constant (1767-1830) s'engage en politique en 1795 à Paris. Pendant la Révolution française, il soutient la République, puis Napoléon Bonaparte, avant de s'opposer à son autoritarisme. Sous la Restauration (1814-1830), il devient l'un des députés leaders du courant libéral à l'assemblée.
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