Aziyadé de Pierre Loti est un roman classique de la littérature française construit comme un journal et une correspondance. Le récit s'ouvre à Salonique, en mai 1876, dans le climat tendu de la crise orientale. Loti, officier embarqué sur une corvette anglaise, aperçoit derrière les grilles d'une mosquée une jeune femme voilée aux yeux verts : Aziyadé. Entre eux commence une liaison secrète, rendue presque impossible par la surveillance du harem, les interdits religieux, la barrière des langues et la discipline militaire. Samuel, batelier juif de Salonique, puis Kadidja, servante d'Aziyadé, deviennent les complices de leurs rendez-vous nocturnes. Rappelé vers Constantinople, Loti s'installe ensuite à Péra, Stamboul puis Eyoub, sous le nom d'Arif-Effendi. Le livre suit son attente, ses lettres à Plumkett et à sa soeur, ses promenades dans les mosquées, sur la Corne d'or et dans les quartiers turcs, jusqu'à l'arrivée d'Aziyadé. Leur maison d'Eyoub devient un refuge fragile, partagé avec Samuel et l'ami Achmet, tandis que la ville bruisse de fêtes, de prières, de rumeurs diplomatiques et de menaces de guerre. Dans une langue descriptive et mélancolique, le texte mêle scènes d'amour, fragments de journal, lettres, descriptions de Salonique, de Stamboul, du Bosphore et des cimetières turcs. Au fil des départs, des promesses et des séparations, le récit conduit vers un dénouement tragique, placé sous le signe de l'absence, du deuil et de la guerre. Une lecture pour les amateurs de roman classique, de littérature française du XIXe siècle, de récits à forme épistolaire et de drames amoureux situés dans la Turquie ottomane.
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