On nous dit : tu es né, tu mourras. Mais qui parle ainsi ? Toujours un autre.
Dans ce bref journal philosophique, Thierry Aymès déplace une évidence : si la mort n'est pas un événement que le sujet peut vivre, la naissance ne l'est pas davantage. Ni l'une ni l'autre ne nous sont données à la première personne. Elles appartiennent aux dates, aux récits, aux registres, au regard du dehors.
Ce qui demeure, ce n'est pas le moi, cette histoire que l'on raconte de soi et que les autres prolongent, mais ce fond silencieux depuis lequel toute chose apparaît. Non pas une identité close, mais une ouverture première : un Entrouvert fragile, menacé, toujours exposé à la fermeture.
Ce livre ne promet aucune consolation facile, mais affirme une thèse radicale : la mort existe à la troisième personne ; elle détruit ce qui appartient au monde, au corps, au nom, au récit. Elle n'est pas une expérience. Pas plus que la naissance. Elle n'atteint jamais ce depuis quoi le monde apparaît.
Bref journal dans l'Ouvert propose une pensée radicalement simple : le sujet ne naît ni ne meurt pour lui-même. Il se découvre toujours-déjà-là, toujours-encore-là, toujours-là. Et peut-être est-ce assez pour respirer autrement.
Thierry Aymès est philosophe, essayiste, écrivain et musicien. Il habite dans le petit village de Noves à une dizaine de kilomètres de Saint-Rémy-de-Provence.
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