"Catilinaires" rassemble les quatre discours historiques prononcés par Cicéron, alors consul, lors d'une crise politique qui ébranla la République romaine. Face à la conjuration menée par Catilina, qui menaçait Rome de destruction par le carnage et l'incendie, l'orateur déploie tout son art pour sauver la cité. Dans la Première Catilinaire, Cicéron accuse Catilina à visage découvert, en plein Sénat. Il expose avec précision les éléments du complot, rappelant la garde du Palatin, les forces militaires déployées dans la ville, les réunions nocturnes et le rôle de la maison du sénateur Leca, où les complices se seraient concertés. Invoquant le sénatus-consulte qui arme les consuls face au danger, et la présence d'une armée rebelle en Étrurie, il somme Catilina de quitter Rome pour rejoindre les siens. La Deuxième Catilinaire s'adresse directement au peuple romain après la fuite de Catilina. Cicéron y justifie sa décision de l'avoir laissé partir plutôt que de le faire exécuter. Il brosse un portrait cinglant des partisans de la révolte, dénonçant les débiteurs, les ambitieux, les vétérans aigris, les agitateurs et les parasites de la débauche. Il rassure la population en promettant la vigilance des magistrats et la protection des dieux. Dans la Troisième Catilinaire, Cicéron annonce solennellement que la ville a été sauvée. L'immense mobilisation de la cité a écarté le péril. Le ton se fait alors triomphal et religieux, soulignant que la sécurité publique, les autels et les maisons doivent absolument être préservés. La Quatrième Catilinaire place le Sénat face à ses responsabilités. Devant les pères conscrits, l'orateur pèse les dangers, s'interroge sur son propre sort, et appelle à une décision ferme pour assurer le salut de la république. Cette oeuvre offre une lecture directe de l'art oratoire antique et de la politique romaine en temps de crise extrême, constituant un texte de référence de la rhétorique d'accusation.
Homme politique romain et auteur latin, Ciceron, de son vrai nom Marcus Tullius Cicero, est ne a Arpinum en 106 avant J.-C. Issu d'une famille bourgeoise, il n'est normalement pas destine a une carriere politique. Mais, apres de brillantes etudes (en rhetorique et en droit), il reussit grace a ses talents d'avocat a se constituer suffisamment d'appui afin de parvenir en 60 av. J.-C au consulat. Sa carriere se poursuit jusqu'a son assassinat en 43 av. J.-C.
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