Il y a des livres qu'on lit pour ajouter quelque chose à ce que l'on sait. Celui-ci demande plutôt de s'asseoir.
Car on cherche souvent la vérité comme on gravit une montagne : un argument après l'autre, une preuve sur la précédente, jusqu'à croire la tenir enfin dans la main. Et puis on relit la chambre haute, et l'on voit que l'homme qui détenait toute la vérité ne l'a pas posée sur la table comme une démonstration. Il l'a rompue comme un pain. Il ne l'a pas expliquée - il l'a donnée à manger.
Ce livre prolonge un chemin commencé avec *Le combat de la foi*, poursuivi par *Et la vie circule*, approfondi dans *De la chair à l'Esprit*. A chaque fois, la même question revenait, un cran plus bas. Tenir debout, oui - mais pour quoi ? Laisser la sève circuler, oui - mais nourrie de quoi ? L'Epouse est préparée à la fin du livre précédent ; restait à lui demander de quoi elle vit.
La réponse n'est pas une idée. C'est un repas. L'agneau de la Pâque, mangé debout la nuit de la sortie. Le pain de la cène, rompu et distribué. Et entre les deux, un peuple qui apprend lentement le seul geste qui le tient ensemble : recevoir, puis transmettre, et ne jamais manger seul.
Alors la question n'est plus seulement : qu'as-tu compris ? mais à quelle table es-tu assis ? De quoi vis-tu, avec qui, et qu'as-tu reçu que tu n'as pas encore transmis ? Ces pages ne cherchent pas à donner du pain de plus. Elles voudraient ramener à la table celui qui a fini par manger seul.
Ceci est mon corps. Quatre mots dits sur du pain, et c'est un peuple qui se lève.
Sébastien Barthélémy est chef d'entreprise dans l'immobilier et le droit. Sa vie professionnelle l'a habitué aux dossiers qu'on instruit, aux preuves qu'on recoupe, aux conclusions qu'on défend. C'est avec ce même sérieux qu'il s'est mis à lire la Bible - non comme un texte qu'on commente de loin, mais comme une affaire qui le concerne, mot par mot, jusque dans les langues d'origine.
De cette lecture est née une série de livres de compréhension spirituelle, dont *Le combat de la foi*, *Et la vie circule* et *De la chair à l'Esprit*. Tous procèdent de la même conviction : que l'Ecriture, prise au pied de la lettre et fouillée jusqu'à la racine des termes hébreux et grecs, dit plus et autrement que ce qu'on lui fait dire trop vite.
Mari de Carole, père de William et de Mathilde, il écrit depuis le lieu où la foi se vérifie : la maison, le travail, les épreuves qu'on n'a pas choisies. Son écriture est pastorale sans être édifiante, exigeante sans être savante - celle d'un homme qui ne s'adresse jamais à un lecteur qu'il ne voudrait pas regarder en face. Ces livres sont développés en collaboration avec les études des textes bibliques hébreux réalisés par son beau frère et des échanges qui en découlent.
*Ceci est mon corps* est le quatrième volet de cette série.
Il n'y a pour le moment pas de critique presse.