Publié à Bordeaux en 1788, ce Discours examine l'esclavage dans les colonies comme un "crime public" et cherche à concilier justice, intérêt général et intérêt des propriétaires. André-Daniel Laffon de Ladebat rappelle les arguments moraux contre la traite et l'asservissement, décrit les violences et les effets sociaux du système, et souligne aussi les risques politiques qu'entraîne l'accroissement du nombre d'esclaves dans les établissements coloniaux. L'originalité du texte tient à un programme d'abolition progressive, pensé depuis la réalité des colonies. L'auteur refuse l'affranchissement subit, qu'il juge dangereux pour la sécurité des colonies et même pour le sort des esclaves. Il propose d'abord de garantir par la loi un pécule : tout gain obtenu au-delà d'un travail "modéré" appartient à l'esclave. En six ou sept ans, ce pécule doit permettre de réunir une somme fixée par la loi, équivalant aux trois quarts de la valeur de l'esclave. En la versant au maître, l'esclave accède à un premier degré d'affranchissement : le "servage de glèbe". Attaché à une portion de terre ou à des travaux déterminés, il partage le produit de sa culture avec le propriétaire ; les ouvriers reçoivent un salaire légalement fixé. Le dispositif encadre aussi la vie familiale et la transmission des biens : un serf de glèbe peut ouvrir le même droit à sa femme ; le montant varie selon le nombre d'enfants, et le pécule devient héréditaire. Faute d'héritiers, les gains reviennent à des fonds de charité de la colonie. L'accès à la liberté complète obéit à des conditions strictes (achat de terre, redevances, ou paiement compensant le travail dû), afin que la liberté soit le prix du travail et non d'un arbitraire. Soutenu par des notes et des calculs sur la production et le coût du système esclavagiste, ce Discours propose ainsi une voie graduelle pour "détruire l'esclavage" sans ruiner la culture coloniale, en formant les futurs libres à la propriété, au travail et à des moeurs stables.
Originaire de Bordeaux et Bergerac, la famille Laffon, de confession protestante, a du s'exiler aux Provinces-Unies a la suite de la revocation de l'Edit de Nantes en 1685 pour échapper aux persécutions du regne de Louis XIV. Retour a Bordeaux et essor du négoce (1744) De retour a Bordeaux en 1744, le grand-père crée une affaire de négoce et d'exportation de vin. Le père, Jacques, ne en 1719 au temps de l'exil familial dans les Provinces-Unies ou il a pu apprendre le négoce et se créer un important réseau de relations commerciales, développe l'affaire bordelaise
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