Une question traîne une mauvaise réputation : une civilisation technologiquement avancée a-t-elle pu exister sur Terre avant la nôtre ? On la tolère au cinéma, on la chasse des colloques. François Demarche refuse les deux réflexes. Il ne cherche pas à prouver qu'une telle civilisation a existé. Il demande si la question peut être examinée avec les exigences que l'on réserve à n'importe quel sujet scientifique.
L'enquête commence par un vertige. La Terre a 4,54 milliards d'années ; notre civilisation industrielle n'en occupe pas deux siècles et demi. Elle se poursuit par un constat : l'érosion, les glaciers, les océans et la tectonique effacent les paysages, recyclent la croûte, engloutissent des continents entiers. Que resterait-il de nos villes dans cent millions d'années ? Presque rien de visible. Mais des anomalies isotopiques, des concentrations de métaux, des minéraux que la nature ne fabrique pas.
De là naît le renversement qui porte tout le livre : il ne faut pas chercher des ruines, mais des signatures. C'est la démarche que deux chercheurs ont nommée l'hypothèse silurienne, et que ce livre est le premier à exposer sérieusement en français.
Suivent les grands dossiers. Tall el-Hammam, dont l'étude de référence a été retirée par sa revue en avril 2025. Sodome et Gomorrhe. Les forts vitrifiés. Les objets dits hors contexte. Chaque fois, la même discipline : les faits d'abord, les hypothèses ensuite, les spéculations nommées comme telles.
Le lecteur ne trouvera ici ni preuve ni révélation. Il trouvera un état des lieux honnête, et de meilleures questions que celles qu'il se posait en ouvrant le livre.
Il y a des vocations qui tiennent à une bibliothèque municipale et à trois livres empruntés au mauvais rayon. François Demarche a quinze ans lorsqu'il tombe sur Gibbon, Braudel et Toynbee. Il cherchait l'histoire ; il y trouve autre chose, une question qui ne l'a plus quitté : pourquoi les civilisations naissent-elles, grandissent-elles, puis disparaissent-elles ?
Né en 1962 à Bourges, fils d'un instituteur et d'une bibliothécaire, il fait des études d'histoire puis de philosophie politique sans jamais viser une carrière académique. Il préfère les archives aux amphithéâtres, et il l'assume : ses livres ne parlent pas depuis une chaire, mais depuis une table de travail.
Pendant près de trente ans, il exerce comme consultant indépendant auprès d'entreprises et de collectivités, sur des questions de stratégie, de gouvernance et de prospective. Le métier a une vertu que ses lecteurs reconnaîtront : il oblige à distinguer ce que l'on sait, ce que l'on suppose et ce que l'on ignore, puis à le dire clairement. Il le conduit aussi en Égypte, en Turquie, en Grèce, en Italie, en Allemagne, au Japon, en Corée, aux États-Unis - huit terrains où l'on ne raconte pas la même histoire du monde.
Il vit désormais près de Fontainebleau, dans une maison où six mille volumes ont fini par remplacer la décoration. Il écrit tous les jours, y compris le dimanche, au stylo d'abord, et relit chaque chapitre une dizaine de fois. Il se méfie des simplifications, des idéologies, des certitudes absolues et de la polémique permanente.
Quand on lui demande son métier, il répond qu'il essaie de comprendre le passé pour éclairer le présent. Sa devise tient en huit mots : comprendre avant de juger, comparer avant de conclure.
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