Dans Graziella, le narrateur raconte, à la premiere personne, un voyage de jeunesse en Italie : d'abord Rome, puis Naples, au début du règne de Murat, dans un contexte d'insécurité sur les routes (attaque du courrier, brigands, mentions de Fra Diavolo). A Naples, il mène une vie contemplative faite de promenades sur les bords et sur les flots du golfe, avant de s'embarquer avec son ami pour apprendre la vie de marin auprès d'un pêcheur.
Une nuit de mer, la barque affronte une tempête et l'equipage doit aborder l'ile de Procida, ou le pêcheur retrouve sa maison familiale. Le récit s'attarde sur la vie simple de cette famille de pêcheurs : la cabane, le jardin, les enfants, et surtout Graziella, jeune fille du foyer. Progressivement, le narrateur s'attache a cette presence quotidienne. A Naples, la grand-mere l'invite a quitter sa chambre de voyageur pour habiter chez eux, afin de partager la vie du "nid" familial ; il accepte. Le texte décrit aussi le travail de Graziella : un oncle l'enrôle dans l'artisanat du corail lie aux demandes de luxe en Europe, et elle façonne a la maison des pieces qu'elle scie, polit et tourne, tandis qu'un cousin vient contrôler son ouvrage et lui donner des leçons de lecture, d'écriture et de calcul. Mais cette période est brisée par l'appel de la famille : un soir, l'ami du narrateur revient avec une lettre de sa mere et l'oblige a partir sans délai. Le narrateur écrit a Graziella, lui laisse sa bourse, glisse le billet sous la porte, et la scene de separation se conclut par l'évanouissement de la jeune fille sur la terrasse. Plus tard, le souvenir se fixe en confession et en deuil : le narrateur évoque une jeune fille "seize ans" et "bien tot pour mourir", puis place ce souvenir au coeur d'un poème, Le Premier Regret, attache a une plage et a une pierre funéraire. Roman d'apprentissage et récit de voyage, Graziella associe Naples, les iles du golfe (Ischia, Procida) et la vie de pécheurs a un drame intime rapporte avec precision de lieux, de gestes et de scenes.
Rédigez votre propre commentaire
Il n'y a pour le moment pas de critique presse.