Né en 1949 et élevé dans trois langues (le wallon, le français et le flamand) Maurice Detiège a vu, au fil des décennies, la langue de son enfance déserter les bancs publics, les cours de récréation et les fermes.
Avant que la mémoire ne se perde, il a entrepris de consigner ce qu'il en reste. Ce livre rassemble le fruit de cette collecte : des considérations sur la situation du wallon local, des précisions sur l'orthographe et la prononciation, des éléments de grammaire et des tableaux de conjugaison, et surtout plus de 1 250 entrées de complumints (compliments), lawes (railleries), spots (dictons et expressions) et salutåcions (salutations), classées selon les circonstances de la vie.
Chaque expression est donnée dans le wallon d'Hélécine, avec sa traduction littérale, ses variantes et, le cas échéant, les acceptions relevées chez Simon Stasse, Léon Pirsoul ou Jean Haust. Des photographies d'archives familiales et un poème, Lë dèrén dîner d' pourcia, complètent l'ensemble.
Ni cours de wallon ni précis de grammaire, ce recueil est un acte de transmission : fixer un peu du vocabulaire expressif d'un parler qui s'éteint, pour qu'il en demeure quelque chose.
Maurice Detiège est né en 1949 en Hesbaye brabançonne, et y a grandi dans trois langues : le wallon à la maison et au village, le français à l'école, le flamand aux portes de l'entité, bordée en demi-cercle par des communes néerlandophones.
Locuteur du wallon d'Hélécine, celui des quartiers de Vîs Tchapias, un namurois marqué d'une réelle influence liégeoise, il en a pratiqué toute sa vie la version polie et savoureuse, celle des conversations d'autrefois. Constatant que ce parler se raréfiait jusque dans les familles, il a consacré plusieurs années à noter au jour le jour les expressions qui lui revenaient, puis à interroger les habitants les plus âgés restés fidèles au wallon.
Î n'fåreût nî k'on rovîche tot est le résultat de cette collecte. L'orthographe wallonne en a été relue par Bernard Vanorlé.
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