Sandrine, l'aînée d'une fratrie de trois enfants, a tout juste dix-sept ans quand sa mère quitte brusquement le domicile familial sans laisser d'adresse ou d'explication. L'adolescente pleine de rêves qu'elle était jusque-là est contrainte du jour au lendemain d'abandonner son insouciance pour materner ses cadets et soutenir leur père. Quelques années après ce premier séisme, elle rencontre Pierre, un homme marié auquel elle va devoir renoncer, ainsi qu'à l'enfant, fruit de leur couple. Un soir de réveillon, elle apprend par accident que son père, dont elle est très proche depuis l'abandon maternel, est atteint d'une forme fulgurante de cancer. Est-il possible de se relever des deuils multiples ou de différentes natures auxquels nous pouvons être confrontés au cours de notre vie ? C'est ce que nous propose de découvrir ce roman qui évoque cette philosophie japonaise, élevée au rang d'art, le « kintsugi », qui, s'appuyant sur nos blessures, s'applique à sublimer nos cicatrices pour nous aider à rebondir ou naître enfin vraiment au monde.
Véritable observatrice du monde qui l'entoure, attachée aux personnages écorchés, Joëlle Toth se plaît à fouiller dans la psychologie humaine avec beaucoup d'acuité, en s'évertuant à accorder une place centrale à l'enfance, à la condition des femmes dans nos sociétés, aux personnes âgées, malades ou fragilisées, à la résilience et à l'amour, tout simplement. Elle est convaincue que quand on a vécu le pire comme le meilleur et touché sa misère profonde, celle qui est tapie en chacun et chacune de nous, l'on peut enfin embrasser qui nous sommes vraiment, et ainsi entamer le travail de résilience. L'écriture permet à Joëlle de toucher ses lecteurs à travers un mot, une phrase, une idée, adoucissant la traversée parfois chaotique de l'existence.
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