La Confusion des sentiments (titre original: Verwirrung der Gefuhle) est une longue nouvelle de Stefan Zweig, publiee en 1927, sous-titree en francais Notes intimes du professeur R. de D. L'incipit donne le cadre: "Ce livre ignore tout du secret de mon avenement a la vie intellectuelle : c'est pourquoi il m'a fallu sourire." Le recit prend la forme de confidences retrospectivement mises par ecrit par un professeur, revenant sur sa jeunesse et sur un episode decisif de sa formation. Le narrateur (Roland, dans la version anglaise de reference) evoque ses etudes, son desinteret initial pour le travail universitaire, puis sa rencontre avec un professeur de philologie a l'autorite intellectuelle marquante. Peu a peu, une relation d'admiration et de proximite se met en place entre l'etudiant et ce maitre, relation rendue instable par des alternances de chaleur et de froideur, et par un secret intime qui travaille le lien entre eux. Selon les presentations et analyses disponibles, la nouvelle met en scene une passion et son malaise, avec un axe explicite sur l'homosexualite et le refoulement chez les personnages; Sigmund Freud a salue la finesse avec laquelle Zweig rend ce trouble. Le texte articule ainsi initiation intellectuelle, temoignage personnel et tension psychologique, dans un format bref (nouvelle longue) qui a aussi donne son nom a un recueil de nouvelles de Zweig. Pour les lecteurs de Stefan Zweig, de recits psychologiques et de litterature europeenne du debut du XXe siecle, La Confusion des sentiments est une oeuvre cle pour comprendre la construction d'une vocation, les rapports maitre-disciple et la complexite des emotions dans le cadre universitaire.
Stefan Zweig, né le 28 novembre 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie et mort le 22 février 1942 à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Ami de Sigmund Freud, Arthur Schnitzler, Romain Rolland, Richard Strauss, Émile Verhaeren, Stefan Zweig a fait partie de l'intelligentsia viennoise. Il quitte son pays natal en 1934, en raison de la montée du nazisme et de ses origines juives, pour se réfugier à Londres, puis au Brésil où il se suicidera avec sa femme Lotte. Son oeuvre est constituée essentiellement de biographies (Joseph Fouché, Marie-Antoinette, Marie Stuart), mais aussi de romans et de nouvelles (Amok, La Pitié dangereuse, La Confusion des sentiments, Le Joueur d'échecs). Dans son livre testament, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, Zweig se fait chroniqueur de l'« âge d'or » de l'Europe et analyse ce qu'il considère comme l'échec d'une civilisation.
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