Dans La Conquête de Plassans, Émile Zola installe d'abord une paix domestique : Marthe Mouret vit avec ses trois enfants - Désirée, Octave et Serge - dans une maison avec jardin, jusqu'au jour où Mouret loue le second étage à un prêtre, l'abbé Faujas. L'arrivée de Faujas - grand, massif, à la soutane usée, accompagné d'une mère austère - bouleverse l'équilibre des Mouret : le locataire s'installe, observe, se tait, et commence à prendre place dans la ville. Peu à peu, Plassans se met à parler de lui : son nom revient dans les souscriptions et les "bonnes oeuvres", jusqu'à une véritable révolution d'opinion en sa faveur. Au coeur du roman, Zola décrit une conquête par réseaux : salons, notables, clergé, sous-préfecture, rivalités et prudences. Les Rougon - avec Félicité en première ligne - le reçoivent, le testent, l'utilisent, puis songent à l'évincer pour "bénéficier de son succès". Autour d'eux gravitent Macquart, "frère bâtard de Rougon", compromis dans le "soulèvement des campagnes, en 1851", et tout un Plassans où chacun soupçonne chacun. La tension monte quand la maison des Mouret, d'abord refuge, devient un lieu d'emprise et de surveillance, tandis que la ville s'enflamme de rumeurs, d'alliances et de calculs. Le dénouement bascule dans la catastrophe : un incendie, des victimes, et une fin où la ville croit respirer - "Plassans est délivrée !" - au moment même où les Rougon se frottent les mains. Dans les dernières pages, la tragédie touche jusqu'au plus intime : Marthe meurt, éclairée par la lueur rouge, en voyant "la soutane de Serge".
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