"La Faim" de Knut Hamsun s'ouvre sur un homme seul, sans ressources, qui tente de survivre et décrire a Christiania. Le recit, organise en quatre parties, suit au plus près ses jours de dénuement, ses errances, ses efforts pour obtenir quelques couronnes en plaçant un feuilleton, et l'épuisement physique et nerveux que la privation installe : vertiges, irritabilité, obsessions, perceptions exacerbées. Depuis sa mansarde, tapissée de vieux numero du "Morgenbladet", il observe la ville, compte les heures, se préparé, sort en évitant son hôtesse faute de pouvoir payer, et cherche des solutions qui se ferment les unes après les autres (emplois refuses, vêtements devenus trop minables). Au fil des rencontres de rue, des petites scènes et des dialogues, le texte montre comment la faim transforme la pensée, la morale immédiate, et le rapport aux autres : l'homme s'emporte, improvise, ment, se pousse a des gestes extrêmes, puis se juge sans relâche. Une séquence exemplaire le voit terrorise par l'idée du vol, imaginer la police, la cellule, puis, ronge par la honte, vouloir se "relever" et se dépouiller de l'argent en le donnant brusquement a une marchande de gâteaux, comme pour retrouver une intégrité a ses propres yeux.
Le roman fait aussi place a une relation marquante avec Ylajali, dont l'apparition revient comme un point de fixation affectif et moral, entre désir de paraitre "honnête" et incapacité à stabiliser sa vie.
La quatrième partie installe un hiver "humide et pourri", la brume, le gaz allume dans les rues, et un hébergement précaire dans le quartier de Vaterland, tandis que l'écriture se dérobe et que la "veine" disparait.
Cette édition comprend une préface d'Andre Gide et une introduction signée Octave Mirbeau, qui insistent sur un livre centre sur la faim elle-même, ses troubles et ses déformations, sans discours de "révolte sociale", et sur la singularité des épisodes et impressions qui renouvellent ce sujet.
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