L'idée de pensée anarchisante vient du constat que la plupart des philosophies créent des dogmes conduisant à une forme ou une autre de hiérarchie d'où naîtra un aristocratisme conduisant fatalement à ce que Castoriadis a appelé hétéronomie. Et, voyant les crises de plus en plus intenses que cela entraine, l'auteur, partant du scepticisme pyrrhonien, celui qui combat toute forme de dogmes, rejoint la notion castoriadisienne d'autonomie. La pensée anarchisante débouche sur un scepticisme d'État. Car c'est, en effet, ce-dernier - si l'on cherche à respecter l'humain avant tout (et notamment avant le désir de faire du profit) - qui doit se mettre en position de suspension de jugement à tous les niveaux (religieux avec la laïcité, éthique avec une démocratie directe et économique avec une forme originale inspirée d'une économie basée sur la monnaie libre) afin que l'humain acquiert la liberté qui lui est due dans un environnement qui se veut démocratique.
Né à Sarajevo en 1961, d'origine mi-serbe mi-croate, Dragan Matic a grandi à Paris. Il y a fait sa scolarité et poursuivi des études d'ingénieur en informatique avant de se lancer, son diplôme en poche, dans la vie active. Celle-ci l'a conduit à s'installer en Allemagne où il réside encore. Sa relation au monde est marquée par le déracinement, ce qui le conduit assez naturellement à observer différemment. Et tout aussi naturellement, le besoin d'écrire et de partager le fruit de ses réflexions s'est fait sentir très tôt. Ses moyens d'expression passent par des nouvelles, des poèmes, des pièces de théâtre, la fiction, mais surtout des essais.
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