« Révolution et Libéralisme » assemble une série d'articles qu'Anatole Leroy-Beaulieu rédigea pour le centenaire de la Révolution et lors de la fameuse Exposition universelle qui nous donna la Tour Eiffel. Cette charnière fut l'occasion pour lui d'une analyse critique de cent ans de bouleversements continuels passés, et de se tourner vers un avenir où nous vivons, avec des questions et des enjeux qui nous parlent encore. Pour fêter les cent ans de 1789, un banquet est servi à divers convives venus des quatre coins du monde. Chacun y fait un discours, le Français prend la parole vers la fin - il est la voix des doutes de l'auteur envers la démocratie, désormais installée en France. Puis, on plonge dans un style plus formel et méthodique, digne de l'ancien directeur de Sciences Po que fut l'auteur, qui développe sa critique du libéralisme hérité de 1789. Parmi les « mécomptes » de ce libéralisme centenaire, il souligne la tension entre liberté et égalité de notre devise, et bouscule le concept de nation, si central à notre culture politique. Enfin, le dernier chapitre reprend le ton incisif du début avec les discours de grands visiteurs de l'Exposition universelle, peu impressionnés par notre « civilisation » faisant débauche de savoir-faire, mais secouée de multiples coups d'État. L'auteur conclut avec la question qui, sans doute, l'aura motivé à se lancer dans cet ouvrage, celle de l'avenir d'un pays qui n'a pas encore vraiment réglé son héritage de la Révolution et du Libéralisme... Voilà de quoi susciter, espérons, de grands moments de lecture...
Anatole Leroy-Beaulieu, né le 12 février 1842 à Lisieux (Calvados) et mort le 15 juin 1912 à Paris (7e), est un historien et essayiste français. Il a dirigé l'École libre des sciences politiques (Sciences Po) de 1906 à 1912.
Anatole Leroy-Beaulieu est l'auteur d'Une troupe de comédiens, roman historique sur le Risorgimento paru en 1866, puis d'un Essai sur la restauration de nos monuments historiques devant l'art et devant le budget (1875), qui traite en particulier de la restauration de la cathédrale d'Évreux. Son ouvrage Un Empereur, un roi, un pape, une restauration, paru en 1879, est une analyse et une critique de la politique du second Empire.
En 1881, Leroy-Beaulieu est nommé professeur d'histoire contemporaine et des affaires d'Orient à l'École libre des sciences politiques par le directeur Émile Boutmy. En 1883, il commence à donner un cours appelé « Tableau de l'histoire contemporaine ». Il y enseigne jusqu'en 1910.
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