La Symphonie pastorale se présente comme le journal d'un pasteur d'un village isolé (chapelle de La Brévine), organisé en deux cahiers datés (Premier cahier : février-mars ; Deuxième cahier : avril-mai). Bloqué par la neige, le narrateur revient sur l'arrivée de Gertrude, une jeune fille aveugle recueillie après la mort d'une vieille femme, puis intégrée au foyer du pasteur malgré les réticences initiales d'Amélie, son épouse. Le récit suit l'éducation progressive de Gertrude (apprentissage, lectures bibliques choisies par le pasteur, préparation à la communion) et la vie familiale autour des enfants. Un épisode clé relie musique et imagination : à Neuchâtel, Gertrude assiste à un concert où l'on joue "précisément la Symphonie pastorale" ; le pasteur tente alors de lui faire comprendre le monde visible par analogies de couleurs et de sons. Parallèlement, un conflit affectif s'installe : Jacques, le fils aîné, aime Gertrude et envisage le mariage, mais le pasteur s'y oppose au nom de la "conscience" et de la fragilité de Gertrude. Dans le Deuxième cahier, le narrateur reconnaît peu à peu son propre attachement et l'ambiguïté de son rôle de tuteur et de guide spirituel. La question de la cécité devient aussi médicale : le docteur Martins, puis le spécialiste Roux à Lausanne, estiment Gertrude "opérable". À la veille de l'opération, le pasteur hésite à lui annoncer l'espoir de la vue ; la "Nuit du 19 mai", il l'embrasse. Gertrude est opérée à Lausanne, et l'opération réussit. Au retour, l'équilibre se brise : Gertrude, désormais voyante, confie au pasteur que, lorsqu'elle a vu Jacques, elle a compris que ce n'était pas le pasteur qu'elle aimait mais Jacques, qu'elle avait imaginé à travers lui. Jacques "entre dans les ordres" et Gertrude, épuisée, sombre puis meurt "au lever du jour" le 30 mai, après une période de délire. Le journal se clôt sur la perte simultanée de Gertrude et l'éloignement spirituel de Jacques, dans un contexte où foi, devoir pastoral, désir et culpabilité restent constamment mis à l'épreuve par les faits du récit.
Je suis André Gide, écrivain français. Je suis né le 22 novembre 1869 à Paris et je suis mort le 19 février 1951, également à Paris. J'ai publié des romans, des récits et un Journal qui accompagne une grande partie de ma vie d'écrivain. Parmi mes livres les plus connus figurent Les Nourritures terrestres, L'Immoraliste, Les Caves du Vatican et Les Faux-Monnayeurs. J'ai participé à l'aventure de La Nouvelle Revue française (La NRF) au début du XXe siècle, revue littéraire liée à un groupe d'écrivains et d'éditeurs. J'ai aussi écrit des textes issus de voyages et d'observations. Mon Voyage au Congo a été publié en 1927, à partir d'un voyage effectué de 1926 à 1927 en Afrique-Équatoriale française. En 1947, j'ai reçu le prix Nobel de littérature.
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