Mlle Cormon devait donc être le point de mire de deux ambitieux aussi profonds que le chevalier de Valois et du Bousquier. Pour l’un et pour l’autre, là était la députation ; et par suite, la pairie pour le noble, une recette générale pour le fournisseur. Un salon dominateur se crée aussi difficilement en province qu’à Paris, et celui-là se trouvait tout créé. Épouser Mlle Cormon, c’était régner sur Alençon. Athanase, le seul des trois prétendants à la main de la vieille fille qui ne calculât plus rien, aimait alors la personne autant que la fortune. Pour employer le jargon du jour, n’y avait-il pas un singulier drame dans la situation de ces quatre personnages ? Ne se rencontrait-il pas quelque chose de bizarre dans ces trois rivalités silencieusement pressées autour d’une vieille fille qui ne les devinait pas malgré un effroyable et légitime désir de se marier ?
Honoré de Balzac (1799-1850), le créateur de La Comédie humaine, fut aussi un extraordinaire observateur de son temps. De 1839 à 1841, il participa à l’aventure des Français peints par eux-mêmes lancée par le libraire Léon Curmer, laissant libre cours à une verve satirique parfois féroce. Après 1842, Balzac réutilisera tout ou partie de ces textes pour les intégrer à La Comédie humaine.
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