Paris, 27 avril 1872. Rue Saint-Gilles, dans le Marais, le caissier Vincent Favoral mène une vie réglée comme une horloge. Mais ce samedi, un détail dérègle la machine : il oublie le bouquet qu'il achète d'ordinaire à sa fille. Le soir même, le directeur du Comptoir de crédit mutuel, le baron de Thaller, surgit au dîner et exige de parler au caissier, seul. Derrière la porte, les mots tombent comme des coups : déficit, dividende, actionnaires, millions. Puis l'accusation éclate. Favoral est poussé à fuir, et la police arrive. Maxence et Gilberte, ses enfants, organisent l'évasion par une fenêtre donnant sur une cour voisine.
Commence alors la face sombre de "l'argent des autres". Perquisitions, scellés, interrogatoires : un commissaire de police examine le cabinet du fugitif et met la main sur des factures acquittées pour des achats somptueux - cachemire des Indes, bijoux, meubles - qui contredisent l'austérité affichée du ménage. Qui a profité des sommes détournées ? À qui étaient destinés ces cadeaux ? Et comment un homme réputé maniaque de l'économie a-t-il pu mener une double existence sans être découvert ?
Dans ce roman à suspense, Emile Gaboriau entremêle drame familial et enquête sur les mécanismes de la fraude : l'avidité, les complices, les "hommes de paille" et la violence sociale d'un scandale financier. Entre la détresse de Mme Favoral, la colère de Maxence et la froide méthode de la police, l'intrigue explore les coulisses d'une institution, les rumeurs d'un quartier et le prix d'un nom déshonoré.
Étienne Émile Gaboriau, né le 9 novembre 1832 à Saujon et mort le 29 septembre 1873 à Paris 9e , est un journaliste et écrivain français. Portrait photographique d'Alphonse Liébert. Considéré comme le père du roman policier, il a été influencé par Edgar Allan Poe.
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