Pourquoi un châssis-rectangle pour la peinture ? Pourquoi n'est-il jamais nommé ? Pourquoi retrouve-t-on toujours le rectangle comme surface d'expression artistique ? Quelles raisons à cette obsession du format rectangulaire et cet attachement au châssis-toile ? Je me propose d'inscrire ma recherche dans cet espace de présentation et de représentation à la fois fermé et ouvert, le considérant dès lors comme un espace de liberté. Il s'agira de questionner le « sens » du châssis-toile a priori considéré comme un support pratique et ordinaire, qui devient pourtant, en l'espace de quarante ans, le sujet des peintres du début du XXe siècle. Leur travail s'ancre en effet dans l'expérience d'un double choc pour le monde de l'art : celui de la négation de la représentation, celui de la mise à nu de la toile et du châssis. Cet essai se propose d'analyser des oeuvres avant-gardistes des années 60 aux années 80, celles du mouvement Supports/Surfaces notamment, en articulant esthétique et psychanalyse. Des oeuvres d'artistes contemporains que rassemble un travail sur le support et la surface seront étudiées : Jennifer BOYSEN, Gabriel PIONKOWSKI, et BANKSY pour ses nouvelles murales. L'objet de cette étude n'est donc pas la peinture, mais le processus à l'oeuvre inhérent à l'objet dans ces démarches artistiques. Interroger le châssis revient à porter un regard novateur sur la place qu'il occupe dans l'art occidental. Ce faisant, nous croiserons la problématique de la déconstruction du tableau sous l'angle de la psychanalyse.
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