Alors que la Troisième République a 20 ans, que le Second Empire s'efface des esprits, que la Tour Eiffel est devenue la plus haute du monde, la France connaît une période de prospérité. Mais cette période est aussi celle où Karl Marx et ses amis collectivistes ont commencé à répandre leurs funestes théories nouvelles. Cet ouvrage est paru durant cette époque, il est de la main d'un économiste majeur de cette fin de XIXe siècle. Paul Leroy-Beaulieu, auteur d'ouvrages importants, titulaire de la chaire d'économie politique du Collège de France, puis président de la Société d'économie politique, fut un penseur libéral influent. À cet égard, ce livre mérite la lecture de quiconque s'étonne que les thèses collectivistes n'aient pas reçu plus de critiques de la part des libéraux. Car ce texte se livre à une revue de l'ensemble du spectre du socialisme, tant selon le prisme d'un économiste théorique que de celui de l'analyse économique des multiples nuances et couleurs du collectivisme. Ainsi, ce livre atteint trois objectifs en un volume : il propose un large panorama des formes de collectivisme de la fin du XIXe - qui restent le plus souvent actuelles ; il en fait la critique sous l'angle du droit naturel, via l'étude historique de la propriété ; il la complète d'une critique économique sans complaisance - dont pourtant la Gauche nie encore la conclusion. Si vous vous étonnez comme nous d'entendre encore que Karl Marx ne fut jamais vraiment contesté, lire Le Collectivisme sera une excellente surprise, bien plus d'un siècle plus tard...
Paul Leroy-Beaulieu (Saumur, le 9 décembre 1843 - Paris, le 9 décembre 1916) est un économiste, professeur et essayiste français. Il est considéré comme une des principales figures du mouvement libéral français, particulièrement dans son apport à la science économique Après des études d'économie suivies en Allemagne, Leroy-Beaulieu collabore à divers périodiques, parfois prestigieux comme La Revue des Deux-Mondes. Sur le modèle de L'Économiste belge de Gustave de Molinari, il crée L'Economiste français en 1873. Durant cette période, il se voit confier le cours d'histoire financière à l'École libre des sciences politiques. Devenu le gendre de Michel Chevalier, l'économiste allié de Richard Cobden en faveur du libre-échange entre l'Angleterre et la France, il lui succède à la chaire d'économie politique du Collège de France en 1878. On lui doit divers ouvrages politiques et économiques, dont beaucoup connurent un succès retentissant, en particulier Le Collectivisme (1884) et L'État moderne et ses fonctions (1890), traduit en anglais et en italien, où il critique la poussée des idées socialistes et interventionnistes. Néanmoins, à la différence de la plupart des libéraux, et suivant en cela Alexis de Tocqueville, il s'est fait le chantre du colonialisme dans son essai De la Colonisation chez les peuples modernes 1874.
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