Au centre, il y a un patriarche, héros blessé de guerre, tyran domestique, prédateur. Autour, une famille sous emprise subit, résiste, s'adapte, protège celles qui s'approchent. Sa petite fille a onze ans quand il avance subtilement vers elle et commet l'agression. Elle parle, on l'écoute, il avoue. La vie reprend, dans le silence et la vigilance collective. Quarante ans après, la petite fille enquête sur le tabou familial. Elle dialogue avec sa mère, réfléchit à l'agression, à son empreinte, aux réactions de ses proches. Car une fois mère elle aussi, elle s'attelle à rompre la chaîne. Traces contre traces, se dit-elle en écrivant. A partir d'un fait autobiographique, l'autrice réfléchit aux circonstances et aux effets des violences sexuelles envers les enfants dans la famille. Ce faisant, dans le dialogue, elle tente de raccommoder quelque chose. Ce texte a été adapté pour la scène en 2026 par Caroline Sahuquet et Cécile Martin, de la compagnie Mi-Fugue Mi Raison, pour sensibiliser sur l'inceste dès le collège.
Violaine Dutrop a donné naissance à trois filles, une association pour l'éducation à l'égalité de genre dès l'enfance et des essais féministes. Sa vie professionnelle, entamée dans l'industrie, est désormais dédiée à la lutte pour un monde plus juste, émancipateur et sans violence. Formée en droits humains, elle est devenue intervenante-conférencière et contribue à des expériences collectives militantes. Elle est autrice de Maternité Paternité Parité (éditions du Faubourg, 2021) et Le pouvoir insidieux du genre (Libre & Solidaire, 2021), mais aussi co-autrice de Nos enfants, nous-mêmes. Manuel de parentalité féministe (Hors d'atteinte, 2024), réécriture d'un ouvrage collectif de référence sur la condition parentale.
Il n'y a pour le moment pas de critique presse.