Ce livre n'est pas pour vous. Si vous cherchez l'apaisement, une résilience en kit ou le dernier frisson de la rentrée littéraire prémâché par un chroniqueur radio, passez votre chemin. Retournez à vos produits à forte rotation et laissez ce volume moisir dignement sur la table des "Inclassables". Voici la rencontre improbable et toxique entre deux échecs majeurs de la civilisation : le Libraire, ce gestionnaire de stock déguisé en passeur de culture, dont l'acte de bravoure ultime consiste à placer un Éric-Emmanuel Schmitt en vitrine ; et le Psychopathe, client lucide et atrabilaire, qui considère la librairie comme son hôpital de jour et rêve de noyer la médiocrité ambiante dans un bac d'acide chlorhydrique. Entre pulsions meurtrières, jugements définitifs sur la "fiente" éditoriale et érotomanie triste dans les rayons de la psychanalyse, ce texte est un précis de décomposition sociale. C'est le chant d'amour contrarié d'un homme qui, faute de pouvoir égorger son époque, a décidé de l'écrire. Lisez ce livre, puis offrez-le à quelqu'un que vous détestez cordialement.
Après plus de vingt livres, 230 films (clips et haïklips avec Le Manque), 300 textes en revues, une très grosse centaine de notes de lecture sur l'oeuvre sur l'espace critique du "Matricule des anges" à "Art Press", Christophe Esnault écrit encore. Grand lecteur, il déborde de milliers d'influences qui l'ont modifié et augmenté. Insomniaque, drogué, alcoolique, et en mauvais état, il sait que son suicide précède l'oeuvre et convoque toujours l'urgence, pour chacun de ses textes. On le pose en auteur radical, amer et envieux, désespéré, désespérant, et il ne s'inquiète pas que son rire ne soit pas entendu par des gens qui ne sont pas nés à leur propre vie. Il a vu Nirvana, Jeff Buckley, Rage against the Machine, Iggy Pop, The Shoulders, Bashung, Sloy, Patti Smith, Murat, Bowie, et un millier de concerts entre 1990 et 2004. Tous ses textes ont été écrit sous neuroleptique. Deux ou trois fois par an, la Loire le revigore.
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