Stefan Zweig est connu pour ses biographies talentueuses et très documentées, et pour ses romans aux thématiques originales qui savent encore nous toucher. Son dernier ouvrage, Le Monde d'Hier, est une autobiographie remarquable qu'il nous laissa en héritage, tel un témoignage pour nous alerter. La trame générale de cet ouvrage est connue. L'auteur naît en 1881, à une époque et dans une capitale connaissant une prospérité et une liberté impensables de nos jours, qui nous ont donné des arts et des oeuvres à foison. Il a 20 ans en 1901, une vie magnifique devant lui, et pourtant il subira la Grande Guerre à 35 ans, puis la Seconde à 60. En une vie brève, il voit le monde passer du rêve au pire des cauchemars. Cette seconde crise le mènera au suicide. Pourtant, Stefan Zweig ne nous a pas vraiment quittés. Avant son grand départ, il prit le temps de nous écrire, à nous et à nos enfants. Le Monde d'Hier est son ultime message d'espoir. Les jeunes générations pour lesquelles les leçons d'histoire sont restées un peu abstraites et lointaines, tout comme les plus âgés dont les grands-parents leur ont parlé de cette époque, tous ont l'occasion de revivre ces événements qui marquèrent le monde pour longtemps. Le Monde d'Hier est bien mieux qu'un livre d'histoire, car c'est l'histoire vécue par un homme. On entre dans Le Monde d'Hier avec la légèreté du poète qu'il fut, et puis avec les pages, on ne le lâche plus. Même lorsque l'on sait l'histoire qui défile, le talent de Stefan Zweig apporte un grand moment de lecture.
Stefan Zweig, né le 28 novembre 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie et mort le 22 février 1942 à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien.
Ami de Sigmund Freud, Arthur Schnitzler, Romain Rolland, Richard Strauss, Émile Verhaeren, Stefan Zweig a fait partie de l'intelligentsia viennoise. Il quitte son pays natal en 1934, en raison de la montée du nazisme et de ses origines juives, pour se réfugier à Londres, puis au Brésil où il se suicidera avec sa femme Lotte. Son oeuvre est constituée essentiellement de biographies (Joseph Fouché, Marie-Antoinette, Marie Stuart), mais aussi de romans et de nouvelles (Amok, La Pitié dangereuse, La Confusion des sentiments, Le Joueur d'échecs). Dans son livre testament, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, Zweig se fait chroniqueur de l'«âge d'or» de l'Europe et analyse ce qu'il considère comme l'échec d'une civilisation.
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