Le Roi des montagnes" s'ouvre sur un dispositif de récit rapporte : le narrateur rencontre un jeune botaniste, Hermann Schultz, qui affirme avoir séjourne en Grèce et propose de livrer "les details" d'une aventure vécue dans les mains du brigand Hadgi-Stavros, surnomme "le Roi des montagnes". Le texte met en scene un voyage d'etudes en Grèce lie a la botanique et a l'herborisation : Schultz, envoyé par un jardin des Plantes, se loge a Athènes et décrit sa vie de pensionnaire avant de partir vers le Parnes à la recherche de plantes rares. Sur la route, il accompagne deux Anglaises a cheval (Mme Simons et sa fille Mary-Ann) ; une troupe de brigands les arrête et les retient pour rançon. Le chef, Hadgi-Stavros, est presente a la fois comme figure de la guerre d'indépendance et comme meneur de bande, capable de courtoisie autant que de calcul, tenant un veritable "commerce" de l'otage. Le roman enchaine captivité, tractations, tentatives d'evasion et épisodes lies aux gendarmes, tout en multipliant portraits de voyageurs et de personnages rencontres (pension, diplomatie, journaux, récits internes). Le fil sentimental, sans promesse d'issue, passe par l'attachement de Schultz a Mary-Ann et par les risques qu'il prend lorsque la rançon tarde. La fin du volume ajoute une "Lettre d'Athènes" contestant frontalement la realite des personnages et du brigandage décrit, ce qui renforce l'ambiguïté du "fait" et du "roman" annoncée des le cadre editorial.
Edmond About est presente comme ecrivain et journaliste (1828-1885), ne a Dieuze (Lorraine), fils d'epicier. Il etudie au petit seminaire, puis au Lycee Charlemagne (Paris) ; il remporte le prix d'honneur de philosophie au Concours general et entre a l'Ecole normale superieure en 1848. Nomme en 1851 membre de l'Ecole francaise d'Athenes, il sejourne deux ans en Grece avec l'architecte Charles Garnier. A son retour, "La Grece contemporaine" (1854) lui vaut un grand succes. Le texte indique qu'il est favorable au Second Empire et violemment anticlerical, et qu'il se fait connaitre comme polemiste. En 1871, il rallie la Troisieme republique et soutient la politique de Thiers ; il entre alors au journal "Le XIXe siecle" dont il prend la redaction en chef. Il est aussi decrit comme un auteur comique, maniant la satire ; il connait la celebrité avec des nouvelles au style "vif, clair et concis" et des romans evoquant des situations imaginaires, "souvent inspirees par les progres de la science". L'avant-propos cite notamment : "Mariages de Paris" (1856), "Le Roi des montagnes" (1857), "L'Homme a l'oreille cassee" (1862) et "Les Mariages de province" (1868). Elu a l'Academie Francaise en 1884, il meurt avant d'avoir pu prononcer son discours de reception.
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