Pierre Lasserre ne propose pas une histoire exhaustive du romantisme, mais une définition critique de ses principales manifestations dans les sentiments et les idées, depuis le milieu du XVIIIe siècle jusqu'aux années 1850-1860. La première partie présente Jean-Jacques Rousseau comme la source d'une révolution morale fondée, selon l'auteur, sur l'individualisme, le retour à la nature et le rejet des disciplines sociales. La deuxième étudie la sensibilité romantique, le culte des passions, l'influence de Chateaubriand et la place de Lamartine. La troisième partie examine les idées romantiques dans la littérature, l'esthétique et la politique. Lasserre analyse notamment l'emphase, le lyrisme, l'amour, la personnalité de l'écrivain, le messianisme révolutionnaire, la religion du progrès et l'influence germanique. Rousseau, Chateaubriand, Lamartine, Michelet, Madame de Staël, Victor Cousin, Victor Hugo et Renan occupent une place importante dans cette démonstration. L'ouvrage développe une thèse résolument polémique : le romantisme y est présenté comme une transformation générale de la sensibilité, de la conception de l'individu et de la pensée politique, dont l'influence se prolonge au-delà de son époque littéraire.
Pierre Lasserre (1867-1930) est un écrivain, critique littéraire et essayiste français. Né à Toulon, il est surtout connu pour ses travaux consacrés à la littérature française et pour son engagement au sein de l'Action française. Il publie plusieurs essais sur des auteurs comme Racine ainsi que sur le classicisme. Aujourd'hui, il est reconnu comme une figure importante de la critique littéraire du début du XXe siècle.
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