Redécouverte aujourd'hui, l'oeuvre de Charlotte Sohy révèle une compositrice pleinement engagée dans la vie artistique de son temps. Dans ce témoignage rare, elle raconte de l'intérieur le salon de Marguerite de Saint-Marceaux, véritable laboratoire artistique de la première moitié du XXème siècle, où elle côtoya notamment Vincent d'Indy, Maurice Ravel et Gabriel Fauré. Ce texte fait revivre un monde disparu et laisse entendre la voix discrète et déterminée d'une femme longtemps reléguée dans l'ombre.
Charlotte Sohy, née en 1887, grandit dans le Paris foisonnant de la Belle Époque où la musique devient très vite son langage intime. Formée à la Schola Cantorum auprès de Vincent d'Indy, Alexandre Guilmant et Louis Vierne, elle acquiert une maîtrise solide de l'écriture musicale, qu'elle marie à une grande sensibilité littéraire. En 1909, elle épouse le compositeur Marcel Labey et, tout en élevant sept enfants, poursuit avec ténacité son oeuvre créatrice. Pendant la Première Guerre mondiale, elle compose une symphonie ardente ; mais cette oeuvre ne sera jamais créée de son vivant et ne trouvera enfin sa voix qu'en 2019, plus d'un siècle après sa composition. Ses partitions embrassent l'opéra, la musique de chambre et le chant, révélant une palette riche et nuancée. Consciente des obstacles que rencontrent les femmes dans le monde musical, elle signe sous le pseudonyme neutre de Ch. Sohy pour être entendue. Aujourd'hui, cette voix singulière longtemps oubliée renaît, portée par son petit-fils François-Henri Labey et des musiciennes qui lui redonnent place dans l'histoire. Elle apparaît ainsi comme une figure lumineuse, témoin d'un héritage féminin trop longtemps effacé. Mais Charlotte Sohy ne se limite pas à la musique : elle écrit aussi un roman et d'autres oeuvres littéraires, témoignant d'une imagination multiple.
Il n'y a pour le moment pas de critique presse.