La France aime à considérer son système de santé comme l'une des grandes réussites de son pacte républicain. Quatre-vingts ans après la création de la Sécurité sociale, l'ambition demeure : garantir à chacun, quels que soient ses revenus ou son lieu de résidence, un accès à des soins de qualité. Mais une question essentielle reste largement absente du débat public, cette qualité est-elle réellement la même pour tous les patients ?
Alors que plusieurs pays ont fait de la qualité et de la mesure des résultats un levier majeur d'amélioration de leur système de santé, la France continue d'évaluer davantage les moyens qu'elle mobilise que les effets qu'elle produit. A partir de données scientifiques, de comparaisons internationales et de nombreux exemples issus de la pratique médicale, le professeur Alain Bernard dresse un constat préoccupant. Derrière les performances globales de notre système apparaissent des disparités parfois considérables : selon l'établissement où ils sont pris en charge, la région où ils vivent ou la pathologie dont ils souffrent, les patients ne bénéficient pas des mêmes chances de guérison, de rétablissement ou de survie.
Ce livre défend la conviction que l'on ne peut améliorer durablement que ce que l'on mesure. À l'heure om notre système de santé fait face à des défis majeurs, le professeur Alain Bernard plaide pour une véritable culture de l'évaluation, fondée sur la mesure des résultats, mais aussi sur la prise en compte de l'expérience rapportée par les patients, la transparence et la responsabilité. Non pour désigner des coupables, mais pour donner aux professionnels, aux établissements et aux pouvoirs publics, les moyens d'améliorer la qualité des soins et de garantir à chaque patient, sur l'ensemble du territoire, les mêmes chances de guérison.
Chirurgien thoracique et cardiovasculaire, le professeur Alain Bernard a dirigé pendant dix ans le pôle Coeur-Poumons-Vaisseaux du CHU de Dijon. Engagé dès le début de sa carrière dans l'amélioration des pratiques médicales, il a très tôt investi les instances nationales d'évaluation - notamment la Haute Autorité de santé, où il a exercé comme vice-président de la CNEDiMTS de 2008 à 2013, puis comme conseiller scientifique jusqu'en 2025.
Au ministère de la Santé, il a présidé le jury du Programme de recherche médico-économique (PRME) pendant près de dix ans. Chercheur autant que clinicien, il est l'auteur de dix-neuf articles scientifiques fondés sur l'analyse des données hospitalières nationales, qui font aujourd'hui référence dans le domaine de la qualité et de la pertinence des soins.
À travers ce livre, il partage le regard singulier d'un médecin qui a traversé tous les étages du système de santé - du bloc opératoire aux comités d'experts - pour en décrypter, avec clarté et conviction, les réalités profondes.
Cercle de Recherche et d'Analyse sur la Protection Sociale CRAPS (Ed.)
Conçu dès sa création, il y a 16 ans, comme un lieu de rencontres, d'échanges, de réflexions et de propositions, le Cercle de Recherche et d'Analyse sur la Protection Sociale, communément appelé CRAPS est par nature indépendant de toutes attaches politiques, philosophiques et religieuses. Il a pour vocation opérationnelle de réunir les membres de la société civile les plus représentatifs dans son domaine d'action, en favorisant les échanges sur ce qui est constitutif de notre pacte républicain à savoir, la protection sociale.
Le CRAPS entend ainsi répondre à la seule question qui déterminera l'avenir de ce patrimoine commun : "Comment concilier les exigences économiques avec les principes d'égalité et de solidarité sur la base d'une répartition équilibrée des richesses ?".
Ce think tank est donc un des rares lieux où la protection sociale est appréhendée à travers toutes ses composantes : de l'assurance maladie à la médecine de ville en passant par l'hôpital, la famille, la vieillesse, la retraite, la dépendance, le handicap, l'emploi, le chômage, la formation professionnelle, les jeunes ou encore le logement, sans occulter bien sûr son financement. Est-il besoin de souligner que cette quête serait vaine si elle n'était pas concomitante à sa conviction que seul le dialogue social est porteur de progrès, qu'il doit être permanent et qu'il convient donc de le renforcer. L'enjeu est primordial : il y va de la survie de notre pacte républicain, de notre modèle de société et donc de notre démocratie. La tâche est exaltante : participer à l'écriture d'une nouvelle page de l'histoire de la protection sociale afin de renforcer les amortisseurs sociaux face aux conséquences dramatiques d'une crise pérenne.
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