"Le Temps retrouvé (première partie)" de Marcel Proust (Paris, 1927) s'ouvre à Tansonville, dans une demeure de campagne, où le narrateur passe ses journées dans une chambre donnant sur le parc, les arbres au bord de l'eau, et la foret de Meseglise; un detail du paysage - le clocher de l'église de Combray - fait surgir la distance "des lieues et des années" et recompose, par la perception, un lien direct avec le passe.
Au fil des promenades et des conversations, Gilberte évoque Robert de Saint-Loup, ses déplacements, ses mensonges et les inquiétudes qu'ils provoquent. Le narrateur observe la metamorphose de Saint-Loup: son allure d'officier, sa rapidité, son comportement dans le monde, ses manières, et la manière dont il joue tour a tour la confidence, le repentir, puis la dissimulation.
Le texte met également en scene la circulation des figures et des relations (Saint-Loup, Gilberte, M. de Charlus, Morel), vues a travers les jugements, les rumeurs, les attitudes sociales, et les explications que chacun donne - ou refuse de donner - sur sa propre conduite.
Dans la chambre de Tansonville, une scene nocturne fait affleurer la mémoire: reveille au milieu de la nuit, le narrateur appelle "Albertine" sans l'avoir pensée, comme si une "mémoire involontaire des membres" prolongeait des gestes et des habitudes anciennes (la sonnette cherchée derriere le dos, la presence imaginée).
Les pages suivantes reviennent sur des questions liées à Albertine (ce que Gilberte accepte ou refuse de dire, les hypothèes du narrateur, les demandes de personnes liées a elle, et l'ombre persistante de la jalousie et de l'enquête). L'ensemble compose un roman de l'observation et de l'intériorité, ou les lieux (Tansonville, Combray, Paris), les retours de souvenirs, et les scenes mondaines se répondent: descriptions précises, conversations, et analyses des mouvements du coeur et des comportements.
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