Troie brûle. Un homme sort de la ville avec son père sur les épaules et son fils par la main. Un oracle lui promet une terre, sans la nommer.
Sept années de mer. Des îles où l'on ne peut pas rester, un ami retrouvé chez l'ennemi, une reine qui l'aime, qu'il quitte sur ordre des dieux, et qui en meurt. Une descente chez les morts, où son père lui montre un à un les visages de ceux qui naîtront de lui.
Puis l'Italie, où personne ne l'attendait. Une fiancée déjà promise à un autre. Une guerre qu'il n'a pas voulue et qu'il ne peut plus arrêter. Et, à la dernière page, un homme à terre qui demande grâce.
Virgile a mis onze ans à écrire ce poème. Il l'a laissé inachevé en mourant et il a demandé qu'on le brûle ; Auguste s'y est opposé. Ce texte a été le livre le plus lu de l'Occident pendant quinze siècles.
Le voici en français d'aujourd'hui. Des phrases courtes, aucun mot à chercher, aucune note en bas de page. Douze chapitres qui se lisent comme un récit.
Traduction française intégrale et inédite. Aucun passage abrégé.
Publius Vergilius Maro naît en 70 avant notre ère près de Mantoue. Il perd ses terres à trente ans, confisquées au profit de vétérans. Il écrit lentement : une dizaine de poèmes pastoraux, puis quatre livres sur le travail de la terre qui lui prennent sept ans. Auguste l'écoute lire, et il devient le poète du régime sans en écrire les éloges attendus.
L'Énéide l'occupe ses onze dernières années. En 19, il part en Grèce pour revoir les lieux du poème et le corriger ; il tombe malade et meurt au retour, à cinquante et un ans. Le texte n'est pas fini - une soixantaine de vers restent incomplets - et il en a demandé la destruction. Auguste ordonne qu'on le publie. Quinze siècles plus tard, Dante en fait son guide à travers l'enfer.
Olivier Guy
Olivier Guy travaille les textes anciens dont la langue s'est refermée. Son parti pris tient en une règle : tout doit se comprendre à la première lecture.
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