"Lénore - Traductions comparees" reunit la celebre ballade de Gottfried August Burger en plusieurs traductions francaises, avec la version originale allemande, afin de permettre une lecture parallele et une comparaison des choix de traduction. Le volume s'ouvre sur une preface qui rappelle la genese de la romance, son refrain ("La lune est si claire, / Les morts vont si vite a cheval !"), et l'effet produit lors d'une lecture publique a Goettingen. Le recueil propose ensuite plusieurs versions de "Lenore / Lenore" : traduction de Ferdinand Flocon, traduction en prose puis en vers de Gerard de Nerval, traduction de Gottlieb Trenenthal, traduction de Paul Lehr, deux versions de traducteur anonyme, puis une "Léonore" "imitée" par Mme Pauline de B****, accompagnée de sa note justificative, avant de donner la "LENORE" originale de Burger. L'intrigue (commune à ces versions) suit Lenore, qui attend le retour de Wilhelm, parti combattre a Prague dans l'armée du roi Frederic, sans donner de nouvelles. La paix est conclue et les troupes rentrent, mais Wilhelm ne revient pas ; Lenore interroge le cortege, puis s'abandonne au désespoir, jusqu'à blasphemer et maudire sa condition, tandis que sa mere l'exhorte a la prière. Dans la nuit, Wilhelm apparait et l'entraine a cheval : la course traverse des scenes funèbres et des images de mort, jusqu'à l'arrivée devant une grille de fer et un espace de tombes. La revelation finale montre le cavalier se transformant en squelette, associe a la faux et au sablier ; la chevauchée bascule dans un decor de cimetières, de gémissements et de lamentations.
Gottfried August Burger est ne a Wolsmerwende, dans la principaute d'Halberstadt, le 1er janvier 1748. Un soir, il entend une jeune paysanne chanter un refrain sur la lune et les morts qui vont vite a cheval ; ces paroles l'obsedent et le poussent a composer des strophes, d'abord isolees, puis reunies dans un meme cadre pour former "Lenore". Une fois la romance achevee, il la lit a la societe litteraire de Goettingen ; au passage d'une scene spectaculaire (la grille de fer, les verrous qui se brisent), il frappe la cloison, ce qui fait sursauter l'auditoire, et il comprend qu'il a marque les esprits. "Lenore" connait ensuite une vogue tres large en Allemagne, jusqu'a etre chantee par les paysans. Burger meurt dans la misere, et l'on s'empresse de lui elever un monument.
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