Dans ce car poussif qui grimpe la côte, Léon regarde, le nez collé à la vitre, l'aube se lever sur les verts pâturages de la montagne. Un spectacle onirique et éblouissant pour un dernier jour. Car Léon le sait : au bout de la route, les partisans l'attendent. Pour lui et ses frères, le voyage s'arrête ici. Alors, il rassemble ses souvenirs. Il revoit l'insouciance des jours heureux à la ferme, la chaleur des parents, les rires avec les cousins et la ferveur des fêtes religieuses. Il se rappelle l'exaltation du passage du Tour de France, quand le malheur semblait encore lointain. Puis le drame a tout recouvert : L'Occupation, le rationnement, et enfin l'horreur, cette lutte contre les partisans avec son cortège de meurtres et de spoliations. Dans ce voyage vers son destin, Léon n'emporte que les fragments d'une vie écourtée. Mais il est apaisé : il a la certitude que son âme voyage déjà vers un au-delà où la fureur des hommes n'existe pas.
Passionné par l'histoire du XXe siècle et les destins silencieux, Frédéric Pellet livre avec ce premier roman une méditation poignante sur la mémoire et la rédemption. Il vit aujourd'hui en Faucigny, dont les paysages de montagne irriguent son écriture.
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