Leporella suit Crescence, cuisinière tyrolienne de trente-neuf ans arrivée à Vienne pour servir dans la maison du baron de F. Taciturne, dure au travail, presque entièrement repliée sur sa cuisine, son argent et ses habitudes, elle semble d'abord traverser la ville sans rien voir. Une conversation fortuite avec le baron fait pourtant surgir en elle un attachement absolu, mêlé de dévotion, de jalousie et de violence muette. Quand la baronne s'absente, Crescence devient « Leporella », complice silencieuse des plaisirs de son maître. Son zèle domestique se transforme en passion servile : elle prépare les soupers, protège les secrets, devine les désirs et trouve dans cette obéissance une place nouvelle. Mais le retour de l'épouse brise cet équilibre instable. Dans l'appartement viennois, les tensions conjugales, les humiliations, les soupçons et la peur resserrent peu à peu leur étau. Cette nouvelle de Stefan Zweig, traduite par Alzir Hella, déploie un récit psychologique dense autour d'une domestique que le service, la solitude et la fascination conduisent vers une fidélité inquiétante. Le texte met en scène la vie intérieure d'un personnage fermé, la violence contenue des rapports sociaux et le malaise d'un maître hanté par sa propre lâcheté.
Une lecture idéale pour les amateurs de littérature autrichienne, de nouvelles classiques, de drames psychologiques et de récits brefs centrés sur l'obsession, la culpabilité et les zones troubles de la dépendance.
Stefan Zweig est un auteur autrichien du XXe siècle. Né en 1881 dans une famille juive aisée, il reçoit une éducation plus laïque que le voudrait sa religion juive. Il publie ses premiers poèmes à 17 ans dans le recueil Les Cordes d'argent (1901) et son premier récit Dans la neige dans le journal Die Welt la même année.
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