« Il est quatre heures et demie, et le monde dort. Pourtant, au coeur de la pénombre, un homme ouvre les yeux. Rien ne l'y contraint : aucun regard ne l'épie, aucune voix ne le presse. La prière de l'aube demeure l'acte le plus secret qui soit, le plus dépouillé de témoins. Le lit retient encore le corps ; mais une force, en cet homme, est plus puissante que le sommeil. »
Se lever pour le seul regard de Celui qui nous voit quand tout est caché - voilà l'énigme que ce livre cherche à percer, pas à pas : comment la servitude, loin d'enchaîner, libère.
Car l'homme d'aujourd'hui a perdu son centre. Jamais il n'a accumulé tant de savoirs, tant de possessions, tant de puissance - et pourtant, la Balance s'est faussée.
« Et le ciel, Il l'a élevé haut. Et Il a établi la Balance, afin que vous ne fraudiez pas dans la pesée. Établissez la pesée avec équité, et ne faussez pas la Balance. » - Sourate ar-Rahmân, 55:7-9
Al-Mîzân ne démontre pas : il montre. Une aube sans témoin, la morsure de l'eau froide au réveil, une terre qui prie à nos côtés, un serviteur qui rit - à travers ces scènes simples, l'équilibre perdu se donne à voir, et s'esquisse le chemin pour le retrouver.
De la cassure jusqu'à la Balance rendue, al-Mîzân est une invitation à revenir - et à retrouver sa juste place : celle, légère, du serviteur.
Mohammed Al-Andalusî est un nom de plume. L'auteur a choisi de s'effacer derrière son propos. Ce livre est le fruit d'un long cheminement - près de quarante années à chercher, à perdre et à retrouver la juste mesure - et il n'y revendique aucune autorité, sinon la place du serviteur. À celui qui le lira, il ne demande qu'une chose : peser ces pages en sa propre conscience, devant Celui qui voit les coeurs.
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