Entrez dans l’univers débridé, grivois et truculent des Contes drolatiques ! Balzac y déploie une verve scatologique, une gauloiserie sans complexe et un art consommé du cocuage. Ces récits, parus en 1832, sont une ode à la débauche, à la ruse et aux plaisirs charnels, le tout enveloppé dans une langue savoureuse et prétendument archaïque, qui feint l’innocence pour mieux choquer. Dans ce Premier Dixain, le maître du réalisme se fait conteur malicieux et impudent. Il nous entraîne dans les ruelles mal famées de la Touraine, dans les alcôves des courtisanes, dans des monastères peu chastes et dans des châteaux où l’amour se conjugue avec la tromperie. Les maris cocus, les amants ridicules et les clercs débauchés s’y bousculent, sous le regard complice de Gustave Doré, dont les illustrations de 1855 – tantôt licencieuses, tantôt grotesques – soulignent avec brio la verve paillarde de Balzac.
Honoré de Balzac (1799-1850), le créateur de La Comédie humaine, fut aussi un extraordinaire observateur de son temps. De 1839 à 1841, il participa à l’aventure des Français peints par eux-mêmes lancée par le libraire Léon Curmer, laissant libre cours à une verve satirique parfois féroce. Après 1842, Balzac réutilisera tout ou partie de ces textes pour les intégrer à La Comédie humaine.
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