Paris est saisi par une fièvre de jouissance et de violence : le coût de la vie prend des proportions effrayantes, les fortunes se construisent sur des ruines, les vols et les crimes deviennent quotidiens, et l'on voyage armé. Dans ce climat d'anarchie, un nouveau ministre du Trésor, Milon-Lauenbourg, semble incarner le dernier espoir d'un gouvernement aux abois. Il tient déjà les leviers par sa maison de renseignements et sa banque, l'U. R. B. (Universelle Référence Banque), véritable centre d'espionnage du transit mondial et de la grande affaire.
Mais un autre pouvoir concurrence celui du financier : les 'Mohicans de Babel', association de malfaiteurs aux accointances internationales, que l'on dit ravitailler jusqu'aux Indes et à la Chine. Leur chef, le Grand X, est rebaptisé M. Legrand - personnage dont personne ne peut se vanter de l'avoir vu. Mythe commode pour expliquer tous les faits divers, ou réalité redoutable ? Roger Dumont, nouveau patron de la Sûreté générale et du secrétariat de l'intérieur, affirme que l'organisation existe, qu'elle communique par un journal dont seuls les chefs possèdent la clé, et qu'une piste remonte jusqu'à Varsovie, aux bureaux de l'agence Kromer.
Lorsque Milon-Lauenbourg inaugure son hôtel du bois de Boulogne et annonce, sur le programme, la venue de M. Legrand, la provocation prend un autre sens : Dumont espère "pincer" le chef. La soirée, montée comme une farce, menace de tourner au drame.
Autour de ce piège se nouent conciliabules, rivalités politiques et drames intimes : le jeune député Claude Corbières, antidictatorial et détesté des partis, s'impose comme un élément de désordre. Il croise la route de Sylvie, fille de Milon-Lauenbourg, tandis que Mme Milon-Lauenbourg, Isabelle, vacille, soutenue par Thérèse, Nounou et les secrets qui circulent entre les étages de l'U. R. B. Dans l'ombre du boulevard Haussmann, M. Barnabé Ternisien, "employé modèle" et rouage essentiel, dirige en silence et fait basculer des destins.
Une prisonnière apparaît, un témoin inattendu surgit, la "journée du 7" rebât les cartes, une péniche chinoise devient un décor décisif, et une nuit dite "historique" ouvre la voie à une "descente aux enfers". Entre farce et drame, ce roman suit la bataille pour la sécurité, le secret et le pouvoir, jusqu'aux chapitres finaux consacrés à "la dernière de M. Barnabé".
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