Neuf ans que les Grecs campent devant Troie. La ville tient toujours. Un roi prend à un autre la femme qui lui revenait. L'homme offensé se retire sous sa tente et laisse mourir les siens. Ce sera la plus longue colère de la littérature, et elle coûtera à chacun ce qu'il aimait le plus. L'Iliade n'est pas un voyage. Personne ne rentre. Tout se joue sur une bande de plaine entre des navires et un mur, en cinquante et un jours. Et pourtant on y trouve un enfant qui recule devant le casque de son père, un cheval qui parle, un bouclier où sont gravés un mariage et un procès, un vieux roi qui embrasse les mains de l'homme qui a tué son fils. CETTE ÉDITION Les traductions françaises libres datent du dix-neuvième siècle et leur langue s'est refermée. Celle-ci est écrite d'après le texte grec : phrases courtes, ordre des mots d'aujourd'hui, aucun terme qui demande de s'arrêter. Les dieux gardent leurs noms grecs- Zeus, Héra, Athéna, Apollon.
Les vingt-quatre chants portent un titre et s'ouvrent sur quelques lignes qui situent le moment du récit.
Traduction française intégrale et inédite. Aucun passage abrégé.
« Si nous devions ne jamais vieillir et ne jamais mourir, je ne me battrais pas aux premiers rangs. »
Poète grec du VIIIe siècle avant notre ère, Homère demeure une énigme : l'Antiquité le disait aveugle et ionien, sept cités revendiquaient sa naissance et les érudits doutent encore qu'il fût un seul homme. De lui nous viennent l'Iliade et l'Odyssée, où s'inventent nos façons de dire la guerre, l'exil et le désir du retour. Platon voyait en lui l'éducateur de la Grèce.
Olivier Guy
Olivier Guy travaille les textes anciens dont la langue s'est refermée. Son parti pris tient en une règle : tout doit se comprendre à la première lecture.
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