Une déesse offre à Ulysse de rester auprès d'elle pour toujours. Jeunesse sans fin, beauté sans fin, une vie soustraite à la mort. Il écoute, remercie, et retourne s'asseoir face à la mer, les yeux tournés vers l'horizon où l'attendent une île rocailleuse, une femme qui vieillit et un royaume en ruine. Il choisit cela.
Vingt ans de guerre et d'errance le séparent de sa maison. Le Cyclope, Circé, les Sirènes, le retour à Ithaque - chaque épisode dit quelque chose de nous.
Trois mille ans ont passé et la langue s'est refermée sur lui. Les traductions courantes datent du dix-neuvième siècle : inversions, vocatifs, phrases de dix lignes. Beaucoup abandonnent avant Ithaque.
Cette version rouvre le texte. Phrases nettes, vocabulaire d'aujourd'hui, noms grecs sous la forme que chacun connaît. Les vingt-quatre chants, sans coupe. Le récit garde son souffle et sa violence - il se lit enfin comme ce qu'il est : la plus belle histoire de retour jamais racontée.
Olivier Guy rend lisibles les textes de l'Antiquité.
Poète grec du VIIIe siècle avant notre ère, Homère demeure une énigme : l'Antiquité le disait aveugle et ionien, sept cités revendiquaient sa naissance et les érudits doutent encore qu'il fût un seul homme. De lui nous viennent l'Iliade et l'Odyssée, où s'inventent nos façons de dire la guerre, l'exil et le désir du retour. Platon voyait en lui l'éducateur de la Grèce.
Olivier Guy
Olivier Guy travaille les textes anciens dont la langue s'est refermée. Son parti pris tient en une règle : tout doit se comprendre à la première lecture.
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