À Tours, vers 1880, Mlle Cloque vit modestement rue de la Bourde avec le souvenir glorieux d'une rencontre de jeunesse avec Chateaubriand. Vieille demoiselle pieuse, fière et droite, elle partage son existence entre sa maison, sa bonne Mariette, le cercle des fidèles de Saint-Martin et l'attachement profond qu'elle porte à sa nièce Geneviève. Autour de la chapelle provisoire, de la librairie Pigeonneau et des vestiges de l'ancienne Basilique, la ville bruisse de rivalités, de dévotion, de rumeurs et de calculs. Le projet religieux lié à Saint-Martin, les ambitions sociales, les alliances familiales et les tensions politiques mettent Mlle Cloque face à des choix douloureux. Sa fidélité aux principes qu'elle croit sacrés menace le bonheur de Geneviève, promise à un avenir que les convenances semblaient rendre éclatant. Roman de moeurs, de foi et de conscience, Mademoiselle Cloque oppose l'élan idéal d'une femme d'un autre temps à la marche d'un monde plus pratique, plus mondain, parfois cruel. Le récit observe avec finesse les salons pieux, les commerces, les rues, les querelles de quartier, les stratégies matrimoniales et la solitude des coeurs loyaux. Entre tendresse familiale, ironie sociale et émotion intime, René Boylesve compose le portrait d'une âme attachée à ce qui disparaît.
René Tardiveau dit René Boysleve. En 1888, il publie sa première nouvelle dans une revue tourangelle dirigée par Auguste Chauvigné et, vers la fin de l'année, rencontre Jane Avril. Jusqu'en 1896, il publie sous plusieurs pseudonymes dans des revues telles que La Plume ou L'Ermitage qu'il co-dirigera à la demande d'Henri Mazel, d'abord avec Adolphe Retté, puis avec Stuart Merrill, ensuite avec son ami Hugues Rebell. En 1893, il adopte définitivement le nom de plume de Boylesve, dérivé du nom de jeune fille de sa mère
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