MANDAT D'AMIS ou Le Bienfaiteur de Nomville-les-Bains Comédie satirique en cinq actes
Bernard Lagoule est maire de Nomville-les-Bains depuis 18 ans. Ville thermale, 8 400 habitants, un casino, des jardinières fleuries en saison et une fanfare municipale qui répète depuis des mois pour le 14 juillet. Tout va bien. Ou presque. Ce matin-là, deux lettres arrivent sur le bureau du maire. La première vient de la Chambre régionale des comptes. La seconde, du Tribunal administratif. Lagoule les lit avec le calme d'un homme qui a traversé beaucoup de choses en 18 ans et qui a, pour chacune d'elles, trouvé une bonne explication.
L'explication, c'est son métier. Expliquer que le marché de restauration scolaire confié sans appel d'offres à son meilleur ami traiteur, c'est du pragmatisme. Que le T4 de logement social attribué à l'amie de cet ami, c'est de la sensibilité sociale. Que le poste de chargé de mission créé sur mesure pour son fils, c'est de l'investissement dans la jeunesse. Et que tout ça, globalement, c'est de la politique de proximité.
Dans les heures qui suivent, le bureau du maire va devenir le théâtre d'un ballet ininterrompu. La journaliste locale qui pose des questions trop précises. L'opposant qui arrive avec des dossiers. L'ami traiteur qui apporte des macarons et de mauvaises nouvelles. Le fidèle électeur qui rend service en disant exactement ce qu'il ne fallait pas dire. La secrétaire générale qui tape depuis trente-six ans sans lever les yeux. Et l'inspectrice de la Chambre des comptes, attendue pour le lendemain matin, sobre, ponctuelle, et indifférente aux explications.
"Mandat d'amis" observe, depuis un bureau qui ne change pas de décor, comment un système tient debout, et ce qui se passe quand quelqu'un commence à en compter les boulons.
Auteur d'un 1er roman, "L'inconfort du plaisir" paru chez IS Editions, Alex Guirec s'essaie au théâtre comme comédien et auteur de sketchs. Il écrit une première pièce, "La Yourte 2.0", qu'il met en scène en 2025 et la rejoue en 2026. C'est d'ailleurs cette année-là que les élections municipales lui donnent l'idée de travailler cette comédie satirique dans une oeuvre chorale, tant gravite de monde autour d'un édile candidat à sa succession.
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