Sous la monarchie de Juillet, la presse est un empire où se côtoient les Ténors des Premiers-Paris, les Camarillistes des tribunes parlementaires, les Bravi et autres Pêcheurs à la ligne des insolents petits journaux. Entre satire mordante et classification zoologique, Balzac dépeint une faune littéraire où l’ambition le dispute à la médiocrité, où la conviction cède souvent à l’opportunisme, et où chaque journal, comme un miroir brisé, ne reflète qu’une parcelle déformée de la vérité. Illustré par les plus grands caricaturistes du XIXe siècle – Gavarni, Daumier, Traviès ou Monnier –, ce texte est une radiographie implacable des mécanismes du pouvoir par l’écrit. Entre axiomes cinglants (« Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai »), portraits hilarants et pastiches féroces des grands critiques littéraires, Balzac révèle les ressorts d’une machine où la plume, aussi redoutable que l’épée, façonne l’opinion… et parfois l’Histoire. Une plongée jubilatoire dans les coulisses du journalisme, aussi actuelle qu’hier.
Honoré de Balzac (1799-1850), le créateur de La Comédie humaine, fut aussi un extraordinaire observateur de son temps, et l’auteur de savoureuses physiologies dans lesquelles il manie avec finesse et subtilité la satire et l’ironie fine. Derrière le rire de cette Physiologie de l’employé se cache un discours volontiers polémique qui se tient à la lisière du pamphlet.
Il n'y a pour le moment pas de critique presse.