Sous la monarchie de Juillet, la presse est un empire où se côtoient les Ténors des Premiers-Paris, les Camarillistes des tribunes parlementaires, les Bravi et autres Pêcheurs à la ligne des insolents petits journaux. Entre satire mordante et classification zoologique, Balzac dépeint une faune littéraire où l’ambition le dispute à la médiocrité, où la conviction cède souvent à l’opportunisme, et où chaque journal, comme un miroir brisé, ne reflète qu’une parcelle déformée de la vérité. Illustré par les plus grands caricaturistes du XIXe siècle – Gavarni, Daumier, Traviès ou Monnier –, ce texte est une radiographie implacable des mécanismes du pouvoir par l’écrit. Entre axiomes cinglants (« Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai »), portraits hilarants et pastiches féroces des grands critiques littéraires, Balzac révèle les ressorts d’une machine où la plume, aussi redoutable que l’épée, façonne l’opinion… et parfois l’Histoire. Une plongée jubilatoire dans les coulisses du journalisme, aussi actuelle qu’hier.
Honoré de Balzac (1799-1850), le créateur de La Comédie humaine, fut aussi un extraordinaire observateur de son temps. De 1839 à 1841, il participa à l’aventure des Français peints par eux-mêmes lancée par le libraire Léon Curmer, laissant libre cours à une verve satirique parfois féroce. Après 1842, Balzac réutilisera tout ou partie de ces textes pour les intégrer à La Comédie humaine.
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