La boussole de l'intuition me poussait, en cette fin d'automne, à partir à la rencontre de Fulcanelli à travers deux personnages incontournables : l'excellent artiste Julien Champagne et le maître de Savignies, Eugène Canseliet. Tous deux constituaient le trait d'union, la chaîne de transmission de l'Adepte. Ils en étaient la filiation établie, tandis que la source, elle, demeurait cachée. Partir à leur rencontre, là où s'étend l'ombre de la mort, c'était se rapprocher de Fulcanelli. Depuis plusieurs décennies, l'Adepte faisait couler toujours plus d'encre, nourrissant conjectures et mystifications. À quoi bon vouloir donner corps à Fulcanelli au-delà de ses écrits ? Le faire, n'était-ce pas le pétrifier sous le soleil, alors qu'il avait depuis longtemps choisi l'ombre protectrice ? Finalement, en toute humilité, je me mis en chemin vers ces parcelles fulcanelliennes, non sans éprouver quelques doutes. Existait-il quelques fragments de terre capables d'offrir une aide dans l'approche de l'art alchimique ? J'avais pourtant l'intime certitude que ce vieux chemin, presque abandonné, me mènerait quelque part. Avant le repos salvateur de l'hiver, rien ne s'opposa à ce que je prenne la route.
L'auteur, Max Antoine, né en 1975, est architecte de formation. Depuis de nombreuses années, il a orienté ses recherches vers l'alchimie et l'hermétisme.
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