Ce 13 août 1960, à Paris se trouve être le jour de la distribution des prix à la Société Générale de Crédit instructionnel, incontournable établissement d'éducation publique. À cette occasion, le jeune Michel Dufrénoy, étudiant en lettres y reçoit un Premier prix de vers latins sous l'opprobre général. En effet, dans cette société où science, technique et finance dictent leurs lois, arts et lettres y sont honnies. Cet attachant poète, pupille d'un oncle ayant fait fortune dans la finance, aura à trouver une position sociale dans un monde et un Paris où l'utilitarisme est devenu seul maître. Certaines rencontres lui apporteront un réconfort certain tandis que les doutes sur ses inaptitudes ne cesseront de l'assaillir et de l'entraîner d'infortunes en périls.
Ce roman de Jules Verne sera irrévocablement refusé par son éditeur Jules Hetzel. Sans doute, en homme avisé, ce dernier avait-il imaginé d'autres projets pour ce jeune auteur et publier ce texte ne pouvait que nuire à cette entreprise. Il est vrai, Jules Verne y développe, dans ce texte, sous un pessimisme déroutant, une critique sans fard de la société.
Le manuscrit fut très probablement rédigé en 1863, eu égard à la citation « les Américains dans leur épouvantable guerre de 1863 », à l'évocation de l'ouvrage polémique d'Ernest Renan, La Vie de Jésus, tout juste publié, et enfin à l'entrée en fonction tumultueuse, cette année-là, de Gustave Flourens, au poste de professeur au Collège de France.
Cette présente version de Paris au XXe siècle corrige le texte manuscrit découvert en 1989 et présenté au public en 1994 dans une édition originale qui conservait inexactitudes et lacunes. Les illustrations de la première édition, réalisées par François Schuiten, ont été remplacées par des in-texte et l'intégralité des hors-texte, monochromes et polychromes, d'un ouvrage d'Albert Robida, Le Vingtième siècle, dont les anticipations suivent une certaine convergence d'idée avec Paris au XXe siècle. À l'appui de quelques cartes, des photographies d'archive ainsi que des dessins de Biron-Roger, illustrateur, Harvey Wiley Corbett et Eugène Hénard, architectes, américain et français, éclaireront la vision très novatrice de Jules Verne.
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