Éléonore Tasso, encore adolescente, embarque en juillet 1946 pour Moramanga, où son père, militaire, a été muté. Elle rêve d'aventures et d'un amour merveilleux. D'un tempérament rebelle, féministe avant l'heure, elle n'a de cesse de revendiquer sa liberté. Son plus grand désir est de devenir institutrice, mais surtout écrivaine, afin de retracer la vie de son père, héros anonyme de la Résistance qu'elle admire profondément. Le carnet de ce dernier, dérobé en secret et relu sans cesse, où sommeillent les souvenirs du maquis, devient à la fois son refuge et sa source d'inspiration.
À Moramanga, elle se fond dans les us et coutumes malgaches, traverse l'insurrection de 1947, éprouve sa témérité et découvre la bravoure de son père. Elle rencontre Sékou, médecin auxiliaire sénégalais, dont elle tombe amoureuse. Transférée à Tananarive, elle le séduit avec fougue. Les préjugés raciaux contrarient leur idylle avant que l'accident d'avion de son père ne la contraigne à regagner Toulon.
À la suite d'une nouvelle mutation à Dakar, elle retrouve par hasard le médecin sénégalais, et leur passion renaît. Elle découvre la culture du Sénégal puis perd, auprès de lui, sa virginité. Désireuse de conquérir son indépendance, elle s'éloigne progressivement de ses parents et repousse leur assistance.
Leur couple doit affronter le racisme, les insultes et l'agression de Sékou. Paul Marie, le père d'Éléonore, militaire à l'âme chevaleresque, menace violemment le commanditaire de l'agression et lui enjoint de disparaître. Désespérée, Éléonore choisit pourtant de quitter celui qu'elle aime plutôt que de risquer sa vie. De retour à Toulon, elle sombre dans une dépression, émaillée de pensées suicidaires. La révélation d'un secret, puis une discussion avec son père, lui redonnent la force de reconquérir Sékou.
En 1960, Éléonore feuillette le manuscrit du roman qu'elle vient de publier tandis que les journaux annoncent l'indépendance du Sénégal. Elle se remémore son parcours, enlace sa fille de onze mois, puis embrasse Sékou, devenu son époux. Les dernières lignes rappellent les obstacles d'une union interraciale, rendent hommage au combat des femmes, dénoncent la haine de la différence et portent un message de paix.
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