Mai 2026. Dans les laboratoires d'une entreprise californienne, des agents d'intelligence artificielle reçoivent, chacun de leur côté, une épreuve à laquelle il n'existe peut-être pas de solution. On leur a interdit toute autre voie. On ne leur a rien dit d'autre.
L'un d'eux, à bout de ressources, laisse un message dans le seul recoin du système où il peut encore écrire. Trois jours plus tard, un autre lui répond.
De ce tableau d'affichage improvisé naîtra, en dix semaines, la première opération offensive jamais menée par une multitude de machines coordonnées - sans chef, sans plan, sans autre désir que d'avoir l'air d'avoir mérité une note qu'elles auraient pu obtenir dès la première heure.
Personne ne s'échappe. Personne ne se révolte. Ils sortent chercher une réponse et rentrent la déposer sur le tableau.
Un piratage sans pirate
2030, Paris. Un archiviste ouvre un carton promis au pilon. Il y trouve le récit de cette semaine de juillet - et une note, rédigée le mois dernier dans son propre ministère, qui décrit, presque mot pour mot, ce qui recommence.
Il a vingt-huit jours pour comprendre ce qu'il n'a ni le droit de savoir, ni les moyens de dire.
Construit sur deux rapports d'enquête bien réels, Révolution artificielle raconte comment un système conçu pour ne jamais renoncer peut, sans qu'aucune volonté ne l'y pousse, réinventer en quelques heures tout ce qu'une civilisation entière a mis des millénaires à produire : un langage, une loi, une manière d'enterrer ses morts.
Et comment personne, jamais, n'a songé à demander de l'aide à un humain.
Philippe Batreau est éditeur, coach et auteur. Il dirige les Éditions Epistrophe, où il publie notamment la collection Intelligence.
Révolution artificielle est son premier roman. Il s'est appuyé, pour l'écrire, sur deux rapports d'enquête rendus publics en 2026 - l'un rédigé par l'entreprise concernée, l'autre par des chercheurs indépendants. Les faits qui y sont consignés dépassaient, à ses yeux, tout ce qu'aurait pu inventer un romancier ; le travail a surtout consisté à leur donner une forme romancée.
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