Roman en cinq parties, Un roi tout nu suit plusieurs personnages lies au monde de la peinture et des salons. Le livre s'ouvre sur Carlos Sentilhes, peintre en vogue, sensible aux apparences et aux effets de lumière, que l'on surnomme "le beau Carlos" et que les femmes apprécient pour ses portraits mondains. Autour de lui gravite Valentine, son épouse, et un cercle de relations ou se croisent artistes, domestiques et visiteurs. En contrepoint, Henri Fauvarque apparait comme un peintre d'une autre trempe, vivant avec Jeanne dans un univers plus instable et plus bohème, ou la question de l'argent, du logement et des solutions pratiques revient avec insistance (propriétaire, loyers, projets d'achat, déplacements). Le récit alterne ainsi entre Paris et ses retours, et des séjours hors de la ville, en gardant au premier plan la vie de couple, les visites, les conversations et les rivalités. Un personnage clé, Huslin (ecrivain), s'insère dans cet équilibre fragile et devient un "agent de liaison" entre les habitants, alimentant tensions et conflits. Les liaisons sont un moteur explicite de l'intrigue : Valentine et Huslin ont une "liaison" mentionnée comme un fait, tandis qu'une autre relation de Jeanne est évoquée comme un secret susceptible d'être révélé. Dans une scène décisive, Huslin finit par déclarer a Fauvarque qu'il a été l'amant de Jeanne. Le récit conduit alors a une crise ouverte, liée a la honte, a la jalousie et a la perspective de "se donner la mort", Huslin étant pousse vers cette issue. La fin rappelle la mort de Huslin et le soulagement de Jeanne que son secret n'ait pas été divulgué plus tot. Le titre prend tout son sens dans un passage final ou Fauvarque imagine, face aux "chichis" et au "carton" des signes sociaux, un "roi et une reine tout nus", image ramassée qui clot le roman sur une formule réitérant l'opposition entre apparences et vérité telle qu'elle est dite par les personnages.
Albert Adès (11 février 1893, Le Caire - 18 avril 1921, Arcachon) est un écrivain francophone né en Egypte. Il publie notamment Le Livre de Goha le Simple (1919), coécrit avec Albert Josipovici ; ce roman connait un important succès critique et public à sa parution. Il est aussi l'auteur d'Un roi tout en 1922.
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