Dans ce texte à deux voix, celle du goût et celle du sentiment, l'auteur explore les méandres intimes de la gastronomie et de l'amour. Des cuisines familiales aux tables plus ambitieuses, des apprentissages hésitants aux vertiges de la passion, se dessine un parcours fait de tentatives, de manques, de désirs et de métamorphoses. Son premier Grand Amour et chaque recette deviennent alors un fragment de mémoire, une manière de se nourrir ou de se perdre. Ni traité culinaire, ni simple récit amoureux, ce livre se tient à la lisière : là où l'on apprend que mijoter, attendre, brûler ou manquer sont des gestes essentiels, qu'il s'agisse de vivre ou d'aimer. Un texte sensible et singulier, où les saveurs éclairent les sentiments, et où l'amour, parfois, se cuisine à feu doux.
Après avoir exploré, au cours de ma vie laborieuse, les profondeurs terrestres et les prémices de la cartographie numérique, mes activités consistent désormais à entretenir des gîtes ruraux, à vivre des expériences culinaires inattendues, à créer des compositions musicales abracadabrantes et à réaliser des montages vidéos étranges qui évoquent des rêves abscons ou d'évidentes réalités. Pictavien de souche, gaucher contrarié, une curiosité qui engendre une calligraphie souvent un peu maladroite tel un crabe enrhumé, je revendique presque fièrement une dyslexie, cette manière unique dont les mots semblent danser avant de se ranger, parfois, dans un ordre convenable. J'apprécie les décalages biscornus et les élégances absurdes. Je suis convaincu qu'il est essentiel de rire sans complexe et de trébucher avec panache, sans jamais se prendre trop au sérieux, au risque de finir prisonnier de ses propres convictions. Un jour, de manière inattendue, j'ai commencé à gribouiller. Cela ressemblait à l'ouverture d'une vieille porte dans une maison abandonnée ou à l'ajout excessif de beurre dans une sauce : une expérience mêlant inquiétude, émerveillement et un plaisir inédit, presque coupable.
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